Que vous soyez assis dans un café parisien où la lumière filtre à peine, ou simplement chez vous au coin du feu, il arrive qu’on se surprenne à chercher un peu de soleil pour contraster avec la grisaille dehors. MEREKI, avec son sourire radieux et ses yeux pétillants chaque fois qu’elle monte sur scène, incarne pleinement ce souffle d’air frais qui traverse son nouvel album, Buttercup.
Récemment de passage à Paris pour un showcase intimiste à La Mezzanine des Trois Baudets, MEREKI a rempli la salle de bonnes ondes et d’une énergie lumineuse. L’occasion idéale de plonger dans l’univers d’une artiste dont la musique nous invite à regarder le bon côté des choses, même quand le ciel reste couvert. Une conversation à cœur ouvert peut commencer ..



Demona Lauren : C’est un plaisir de t’accueillir aujourd’hui, si peu de temps après ton concert à Paris. Le public était captivé, mais toi, comment l’as-tu vécu ? Comment s’est passée cette soirée à La Mezzanine des Trois Baudets ?

MEREKI : Je me sens toujours chez moi quand je suis en France, vraiment. J’aime tellement y être. J’étais nerveuse pour ma performance, et je me suis autorisée à ressentir ça, sans essayer de repousser l’émotion ni de « jouer un rôle » pour la masquer. Je pense qu’un public français peut accueillir cette légère forme d’inconfort, et pour moi, ça ressemblait à une forme de croissance. Je me suis concentrée sur ma voix et sur l’émotion de chaque chanson, plutôt que d’essayer de « faire plaisir » aux autres. C’était énorme. À la fin du concert, je m’amusais vraiment, et je ressentais tout ce que j’aime ressentir sur scène, en accord avec moi-même, mon groupe et l’Univers.

DL : Parlons un peu de tes débuts. Tu es née en Australie, tu as vécu à Los Angeles, et tu vis maintenant en Angleterre. Qu’est-ce qui t’a poussée à voyager d’un continent à l’autre, et comment ces lieux ont-ils façonné ton art ?

MEREKI : J’aime la culture détendue, relax de l’Australie, et l’encouragement à « être » plutôt qu’à faire, dans lequel j’ai grandi près de la plage. Je pense que c’est très important. Mais, au-delà de ça, dès l’enfance, j’ai toujours su que je vivrais à l’étranger.

Mon père était anglais, donc je me suis toujours dit que ce serait l’Angleterre, et Los Angeles m’a un peu surprise. J’y ai énormément appris, et j’y ai rencontré des personnes importantes qui ont façonné ma vie et mon art. Aux États-Unis, il n’y a pas de honte à viser les étoiles, et je crois que vivre là-bas m’a vraiment aidée à construire ma confiance en tant qu’artiste.

J’adore vivre en Angleterre. J’aime le vert de la campagne (toute cette pluie !) et les saisons. Il n’y a rien de comparable à un jardin anglais au printemps, quand tout fleurit, ou au moment où les feuilles commencent à tourner. J’aime aussi la proximité avec l’Europe, et surtout avec la France. J’adorerais vivre en France si l’occasion se présentait, et je crois que ce sera le cas un jour.

DL : Passages à la télévision, à la radio, sur scène .. à force, c’est possible. Comment la campagne anglaise et l’énergie de Londres influencent-elles ton écriture aujourd’hui ?

M : La plupart des membres de mon groupe sont nés et ont grandi à Londres, donc, en ce sens, Londres a influencé mon écriture de manière indélébile. Quand j’ai rencontré mon groupe, j’ai su que je devais réenregistrer tout mon album avec eux, parce qu’ils ont quelque chose de tellement beau à apporter. Et nous écrirons le prochain disque ensemble .. ce qui m’enthousiasme déjà beaucoup.


DL : « Buttercup » a été décrit comme un journal musical. Comment l’idée de cet album est-elle née ?

M : De la sorte ! Ces chansons sont des entrées de journal. L’écriture est ma manière de traiter le monde qui m’entoure, et mes émotions, mes pensées, mes espoirs, mes rêves, mes défis. Il n’y avait pas vraiment « d’idée » pour cet album. La vie s’est un peu imposée, et donc Buttercup a vu le jour.



DL : Qu’est-ce qui t’a donné envie d’ouvrir ainsi tes journaux intimes au public ? Est-ce parfois difficile de partager autant de toi ? Ce n’est quand même pas rien.

M : Je trouve beaucoup de choses difficiles, me réveiller le matin, porter la tristesse des autres, naviguer dans mes propres montagnes russes émotionnelles, équilibrer mes envies et mes besoins, trouver un équilibre dans la vie, être la personne que j’aimerais être dans ce monde, tout en ayant continuellement l’impression de ne pas être à la hauteur. Mais écrire sur ce que je ressens et le partager me semble être la chose la plus naturelle au monde. Quel est l’intérêt de vivre si tu ne peux pas être honnête sur qui tu es, avec le monde qui t’entoure ?

DL : C’est très poétique ! Quelle chanson t’a été la plus difficile à écrire ?

M : Eh bien, « Sunflower Smile » a clairement été la plus difficile à enregistrer, parce que j’étais obsédée par la note vocale originale que j’avais faite pendant que je l’écrivais. Je l’ai littéralement enregistrée 20 fois pour essayer de la recréer, en menaçant souvent de mettre directement la note vocale de l’iPhone sur le disque. Mais, en termes d’écriture, elles sont toutes venues assez naturellement, pour être honnête.

DL : Le titre « Buttercup » évoque tellement la douceur et la lumière.

M : Oh, ça me fait plaisir. Je l’ai choisi exactement pour ça. Ce disque ressemble, pour moi, à une sorte de printemps intérieur qui se lève. Et j’avais un nouveau chiot que j’ai appelé Buttercup, que j’aime énormément, et je me suis dit : « Eh bien, ça ressemble à l’endroit où j’en suis. »


DL : D’ailleurs .. tu évoques souvent la « lumière » dans tes chansons .. Choix conscient ou nécessité intérieure ?

M : Je pense que mon objectif dans la vie, c’est d’être en unité avec la lumière de la conscience. Donc j’imagine que je le dis souvent dans l’espoir de l’attirer à moi.

DL : Assurément. Mais dis-moi, comment as-tu vécu la transition entre « Death of A Cloud » et ce nouvel album ?

M : Une énorme différence entre les deux. J’avais beaucoup de chagrin à traverser sur Death of a Cloud, et Buttercup a un peu ressemblé à l’arc-en-ciel après la pluie, tu vois ce que je veux dire ?


DL : Un album ensoleillé avec les quelques gouttes de pluie restantes. L’album a été co-produit avec Jerry Bernhardt et Tony Buchen. Je me trompe ? C’était ton choix, ou on te l’a conseillé ? Et comment s’est passée la collaboration ?

M : Les deux, Jerry et Tony, ont joué un rôle essentiel dans mon parcours artistique, et j’étais très reconnaissante pour tout leur apport et leur soutien sur ce disque. Nous avons travaillé ensemble sur Death of a Cloud, et c’était une progression naturelle de les embarquer sur Buttercup. Jerry et moi avons beaucoup façonné les chansons de Buttercup à la campagne, à partir d’un million de notes vocales brouillonnes et de carnets à moi. Et Tony apporte toujours un peu de soleil.

DL : Une chose est certaine. Ta musique navigue entre folk pop, ballades et jangle pop. Ça fait beaucoup ! Mais si tu devais décrire ton son en un seul mot, ce serait lequel ?

Onirique ?

DL : Je suis assez d’accord ! Quelles sont tes principales influences, musicales ou autres ?

M : Kate Bush, les conversations avec mes proches, la nature, le frisson, la douceur et les défis de l’existence.


DL : On reste très terre-à-terre. Y a-t-il une chanson « totem » sur l’album, une chanson qui te ressemble le plus ?

M : Oh, quelle bonne question. J’ai l’impression que j’aimerais être aussi cool que « Sunflower Smile », ou aussi mignonne que « Bunny Soft », ou aussi libre que « Aeroplane Mode », mais je suis probablement le plus proche de « Tru Luv ».

DL : Ce n’est pas incompatible ! *rires* Dis-nous tout. Quelles sont tes routines ou petits rituels pour rester positive, même quand le temps est gris ?

M : Des tasses de thé à l’infini, écrire, lire Eckhart Tolle, A New Earth, ou consulter mon calendrier lunaire quotidien Moonsisters. Mais le meilleur, c’est probablement une marche dans la nature, ou aller au café pour sortir de ma tête, même sous la pluie. J’adore la pluie.

DL : Le thé à l’infini ! Je plussoie tellement ! Au fait, je te souhaite une très belle année ..

M : Et à toi aussi ! Merci ❤ Je nous souhaite une nouvelle année magique comme tout. xoM

Merci à MEREKI pour sa douceur en plein hiver et à Hélène, toujours aussi exceptionnelle, pour la mise en place de l’entretien. Quant à la musique de MEREKI, vous la retrouverez sur son site officiel ici même.

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Posted by:Demona Lauren

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