Le 8 mars dernier, il y a seulement quelques jours, Jason Derulo revenait à Paris pour une date au Zénith Paris La Villette, produite par Live Nation. La DL Team était invitée pour célébrer ce grand retour dans la capitale, qui marquait aussi la dernière étape de son European leg. La salle convient à son format. Un répertoire construit autour de singles, une performance qui passe par la danse autant que par le chant, et des shows à l’américaine, avec une équipe, des changements de rythme, des effets visuels, et une cadence qui laisse peu de place au flottement.

Derulo, c’est d’abord une histoire de hitmaker. Né Jason Joel Desrouleaux en Floride, de parents haïtiens, il commence par écrire pour d’autres avant de basculer en solo. Whatcha Say le propulse en 2009, puis In My Head et Ridin’ Solo installent son nom dans la pop des années 2010. Ensuite, la machine s’accélère. Talk Dirty, Trumpets, Wiggle, Want to Want Me. Une série de titres faits pour les radios, les clubs, puis les playlists, avec une même idée, des refrains qui s’impriment vite et qui tiennent sur scène.

Le virage des années 2020 change le décor. Savage Love devient un phénomène mondial, porté par TikTok, et Derulo prend une place particulière dans cette économie-là. Pop star, oui, mais aussi créateur de contenu, avec une visibilité entretenue au quotidien, hors album, hors cycle classique. La frontière se brouille, et c’est précisément ce que cette tournée vient remettre au centre. Un artiste qui rappelle qu’il sait chanter, danser, tenir un show, sans se cacher derrière le montage d’un écran.


Côté setlist de la soirée, les titres des années 2010 servent de colonne vertébrale, Whatcha Say, In My Head, Ridin’ Solo, Trumpets, Talk Dirty, Want to Want Me pour les puristes. Les morceaux plus récents amènent une autre énergie, plus proche du club et des usages TikTok, Take You Dancing, Jalebi Baby, Savage Love. L’enchaînement ne cherche pas l’effet “avant/après”. Il met tout sur la même ligne, comme si la carrière avait toujours été pensée pour ce format, une suite de morceaux qui font bouger une salle entière et en live. Et pas qu’en 2010.

Reste la question Paris, et elle mérite mieux qu’un résumé. Un précédent passage dans la capitale, quel qu’il soit, sert toujours de point de comparaison, parce que le public change et que l’aura se mesure aussi à ça. En 2026, Derulo ne joue plus seulement la pop star de l’ère radio qu’il était il y a quelques années. Il arrive avec un autre capital, une notoriété numérique massive, et une réputation de performeur. La différence, si elle existe, se lit dans la salle. Qui vient, qui chante, qui danse, qui connaît les anciens titres, qui ne connaît que les plus récents. Le public se trémousse devant les barricades, mais aussi dans les couloirs des gradins du Zénith. Jason Derulo sait ce que c’est que faire la fête. C’est là que se joue la réponse. Réinvention, ou continuité ? Derulo a-t-il perdu de son aura ? Star “ancienne école”? Non, star tout court.

Coordination & contenu média : Demona Lauren
Photographie : Anouk Marhoefer

Demona Lauren's avatar
Posted by:Demona Lauren

Leave a comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.