Alessandro Michele, artisan chez Gucci pendant sept ans, a présenté en septembre dernier sa première collection pour Valentino. L’événement, attendu par l’industrie depuis l’annonce de sa nomination en mars 2024, marquait le début d’une nouvelle ère créative pour la maison italienne. Parmi les invités se trouvaient l’Américain Jared Leto, Im Yoon Ah, Guan Xiaotong, Freen, Jeff Satur ou encore la stylish Sammi Cheng.



L’arrivée d’Alessandro Michele : un choix calculé
La nomination de Michele illustre une stratégie bien précise de Valentino. Après le départ de l’illustre Pierpaolo Piccioli, la maison cherchait moins un successeur qu’un créateur capable de réinterpréter ses fondamentaux. Le choix de Michele, avec son parcours chez Gucci où il avait développé un vocabulaire esthétique particulier, témoigne d’une volonté de transformation profonde.


Les premiers mois de Michele chez Valentino révèlent une approche méthodique. Plutôt que d’imposer immédiatement sa vision, étonnamment, il s’immerge dans les archives, étudie les techniques des ateliers, comprend les mécanismes internes de la maison. Cette période d’observation lui permet d’identifier les éléments essentiels de Valentino qu’il pourra réinterpréter selon sa vision.
L’industrie, initialement divisée sur cette nomination inattendue, observe chaque mouvement du créateur. Les acheteurs, habitués à un certain langage esthétique, attendent de voir comment Michele va concilier son univers créatif avec l’héritage de la maison. Les premiers indices apparaissent dans le choix même du lieu du défilé : le Pavillon des Folies, un espace que Margiela aurait lui-même apprécié.







L’atmosphère unique du défilé : le Pavillon des Folies enchante
Le Pavillon des Folies, structure architecturale du XVIIIe siècle, se transforme sous la direction de Michele en un espace où le temps semble suspendu. Les murs historiques, habillés de miroirs fragmentés et de voiles diaphanes, créent un jeu de réflexions infinies. Cette mise en scène, loin des configurations traditionnelles, invite les spectateurs à reconsidérer leur perception de l’espace et du mouvement.
La musique, composition originale mêlant baroque italien et électronique contemporaine, tisse un lien évident entre les époques. Les notes s’élèvent et s’accélèrent dans l’espace tandis que les premiers mannequins émergent des alcôves du Pavillon. La lumière, travaillée en clair-obscur, ou en chiaroscuro devrait-on dire, sculpte les silhouettes et révèle progressivement les détails des créations.




L’analyse des silhouettes : une nouvelle lecture du vestiaire Valentino
Michele propose sa propre interprétation des proportions classiques. Les robes, construites en couches successives de tulle et de dentelle, créent des volumes extravagants. Les tailleurs sont ici des éléments centraux de la collection. Ils se parent de broderies microscopiques réalisées dans les ateliers romains et chaque pièce raconte une histoire où technique et imagination décident de converger.
Le créateur revisite-t-il les archives avec un œil contemporain ? Certainement, si l’on considère les imprimés floraux, chers à la maison, qui se fragmentent en motifs kaléidoscopiques. Les couleurs traditionnelles – le rouge Valentino notamment – se déclinent en nuances inédites, créant une palette chromatique entre passé et présent. Les accessoires, conçus comme des objets d’art, un peu incompris, complètent chaque panoplie.














À y voir de plus près, les plissés, travaillés en micro-structures, créent des effets de mouvement impossibles à reproduire industriellement. Les broderies sont réalisées point par point, intégrant des éléments microscopiques – cristaux, perles de verre, fils métalliques. Les doublures, traditionnellement cachées, sont rendues visibles. Les coutures, plutôt que dissimulées, s’affirment en lignes graphiques et structurelles. Cette attention portée à l’architecture interne des pièces joue sur la constance entre l’apparent et le caché.


L’industrie six mois plus tard
À l’approche de la Fashion Week FW26, l’influence de cette collection SS25 continue de se manifester. Les acheteurs internationaux notent une évolution dans les demandes de leur clientèle, particulièrement attirée par les pièces où technique et créativité œuvrent main dans la main. Les ateliers de la maison, stimulés par ces nouveaux défis techniques, développent des procédés innovants qui pourraient influencer l’ensemble de l’industrie.









Les ventes des premières pièces de la collection, arrivées en boutique, indiquent une réception positive du marché. Cette nouvelle clientèle, plus jeune, s’intéresse particulièrement aux créations où l’artisanat traditionnel se marie aux formes plus “in fashion”. Les listes d’attente pour certaines pièces témoignent d’un engouement qui dépasse les prévisions initiales.
Que dire ? Cette première collection de Michele pour Valentino marque ainsi non seulement une évolution esthétique, mais aussi une transformation profonde dans la manière dont la maison italienne envisage son futur. Les prochaines présentations, attendues avec intérêt, diront si cette nouvelle direction créative parvient à maintenir cet équilibre si délicat.
Coordination et contenu médiatique : Demona Lauren
Photographie exclusive : Xuexw, DL Team, en direct de Paris
