Gesaffelstein remporte son premier Grammy en s’imposant dans la catégorie Best Remixed Recording grâce à son remix de “Abracadabra” de Lady Gaga. La liste des concurrents donne la mesure du terrain. Il devance notamment Kaytranada (Mariah Carey), Ron Trent (Soul II Soul), Chris Lake (The Chemical Brothers) et David Guetta (Huntr/x). Et c’est évidemment accompagné de son masque et de ses gants noirs, fidèle à une signature visuelle devenue indissociable de son travail, qu’il se présente sur le tapis rouge.

Le masque, ici, n’est pas un accessoire “dark” ajouté pour faire parler. Il prolonge une esthétique déjà installée sur sa tournée 2024–2025 autour de Gamma, où la surface noire et réfléchissante fait partie du récit. Aux Grammys, ce choix crée un contraste immédiat avec le decorum habituel de la cérémonie, visages exposés, émotions commentées, discours calibrés. Gesaffelstein refuse ce registre. Il ne prononce pas de discours, se contente d’un salut, puis d’un baiser envoyé au public. Il ne donne pas d’accès, c’est à peine s’il donne une silhouette.
Le masque fabrique une distance. Il rend l’artiste difficile à saisir, donc difficile à consommer. Il impose aussi une lecture plus proche du design que de la confession. Noir intégral, gants, surface miroir, aucune expression faciale lisible. L’effet est froid, parfois inquiétant, mais d’une cohérence totale avec sa place dans l’électronique. Gesaffelstein, Mike Lévy de son vrai nom, est un producteur qui a toujours privilégié la structure, la tension, la précision. Son apparition aux Grammys traduit la même chose. Même au moment de la récompense, il reste imperturbable.

Cette victoire s’inscrit dans une séquence plus large autour de Lady Gaga. Gesaffelstein est également nommé cette année pour Album of the Year pour sa contribution à Mayhem, après une précédente nomination en 2022 pour Donda de Kanye West. Il a aussi marqué 2025 en apparaissant à Coachella pendant le set de Gaga, où il l’a rejointe sur “Killah”, l’une de leurs collaborations. Il était alors le seul invité musical sur les deux week-ends, un détail qui compte, parce qu’il confirme son statut. Il n’est pas un “featuring” parmi d’autres, il est un choix.
Enfin, “Abracadabra” ne s’arrête pas à ce Grammy du remix. Le titre remporte aussi le prix de Best Dance/Pop Recording. Quant à Gesaffelstein, vengeur masqué, il gagne, il apparaît, il repart, dans le plus grand des silences, comme à son habitude.
Collaboration presse officielle
