Dans une arène habituée aux grands formats, KROQ Almost Acoustic Christmas s’est surtout imposé comme un lieu de rassemblement, tenant tête aux événements tumultueux de l’année.

Au fil des sets, un même fil se dessine, celui d’une communauté qui se rappelle qu’elle sait encore se rassembler, se protéger, se relever à travers ce qu’elle aime le plus : la musique. Dans une édition soutenant Para Los Niños et Al Wooten Jr. Youth Center, l’idée de transmission n’est pas un décor, elle traverse la soirée, jusque dans les discours, les gestes, et ces moments où l’on sent qu’un public n’est pas seulement là pour consommer un show, mais pour faire corps.

The Paradox — 17h30

Premier à ouvrir le bal, The Paradox pose une énergie franche, sans artifice. Sur l’écran, un logo rouge massif, souligné de blanc, et une lumière volontairement sobre. Ce minimalisme, loin de réduire l’impact, met l’accent sur l’essentiel, la présence et les valeurs prônées.

Le frontman Eric occupe l’espace avec une aisance contagieuse, multipliant les interactions, jusqu’à repérer un bébé dans la foule, détail qui reviendra plus tard comme un clin d’œil involontaire, preuve que même dans une arène, on n’est pas au bout de nos surprises.

En coulisses, l’échange presse confirme la colonne vertébrale du projet. Interrogé par Megan Caloca (DL Team) sur leur mission de représentation dans la scène alternative, Eric résume l’enjeu avec une simplicité désarmante. Ayant grandi en se sentant sous-représentés, le groupe veut offrir une autre perspective, donner une voix, et surtout rappeler que chacun a sa place. Percy, le batteur, prolonge l’idée en appelant à l’ouverture d’esprit, à ne jamais se refermer sur une seule lecture du monde. Donald, à la basse, conclut avec une formule nette. Si leur présence peut amener davantage de gens à apprécier le genre, c’est déjà une victoire.

Wet Leg — 17h56

Avec Wet Leg, l’atmosphère change de texture. La batterie surélevée, la guitare électrique verte et translucide, les jeux de voix volontairement altérés sur certains passages, comme filtrés à travers un combiné téléphonique, dessinent une esthétique à la fois pop et étrange, parfaitement en place.

La lumière reste dans une palette simple, jaune et rose, mais l’ensemble fonctionne grâce à la mobilité de la chanteuse, très active, et à une silhouette scénique cohérente avec les autres membres, qui eux, presque monochrome, tous en blanc, cheveux effet mouillé, short blanc et baby tee. Un set qui ne cherche pas l’excès, l’essentiel est dans la musique.

Yellowcard — 18h27

Sur l’écran, un univers violet et vert, des formes organiques, presque liquides, et un logo qui fait penser à une cassette vidéo, clin d’œil à une époque où l’on enregistrait ses obsessions sur bande et où la nostalgie avait un grain.

Le groupe enchaîne des titres qui déclenchent immédiatement une mémoire collective, dont Ocean Avenue et Lights and Sounds, tout en glissant un présent assumé avec leur single Better Days. Avant ce morceau, le frontman Ryan prend la parole pour rappeler un fait qui, dans une soirée comme celle-ci, résonne comme une déclaration. Vingt-cinq ans plus tard, grâce à des stations comme KROQ, Yellowcard vient de décrocher son tout premier numéro un. Il précise ne pas le dire pour se vanter, mais pour rappeler ce que l’on sait déjà. Le rock est vivant, et ils sont heureux d’en être la preuve.

Third Eye Blind — 19h03

Third Eye Blind installe une ambiance plus sombre au départ, notamment sur les deux premiers titres, avant que la lumière ne s’ouvre progressivement. Le logo, blanc sur fond noir, reste constant, presque austère, comme un cadre fixe autour duquel la musique fait le reste.

Le public répond immédiatement sur les classiques, dont Jumper et Semi-Charmed Life, et l’on retrouve cette sensation particulière des groupes qui ont traversé plusieurs cycles. Moins de mouvement, mais plus de présence. Une forme de charisme tranquille ? Et cette impression que certaines chansons n’appartiennent plus à une époque, mais à une foule.

The All-American Rejects — 19h39

Avec The All-American Rejects, la soirée tourne au théâtre pop-rock à l’ancienne. Visuellement, c’est l’un des sets les plus “mis en scène” sur écran, alternant logo et visuels plus aléatoires, avec une dominante de lumières blanches, parfois traversées de rouge.

Sur scène, Tyson impose immédiatement son personnage, pieds nus, comme s’il refusait toute distance entre lui et l’instant. Il repère à son tour un bébé dans la foule, et l’histoire devient presque surréaliste. Le bébé porte le même prénom que lui, et il l’avait déjà vu lors d’un set à Warped Tour. Il plaisante, précise que ce n’est pas son fils, mais promet de le traiter comme l’un des siens. Ce genre de moment, à la fois absurde et tendre, fait partie de l’ADN du groupe.

Mais l’instant le plus marquant arrive lorsqu’un malaise survient dans le public. Tyson interrompt le show, demande de l’eau, sollicite la foule pour trouver du sucre ou des bonbons afin de faire remonter la glycémie. Quelqu’un lance une barre de céréales vers la scène. La situation est gérée avec sérieux, sans dramatisation, et le concert reprend. Dans une arène, ce geste a quelque chose de rare. Il rappelle qu’un show n’est jamais plus grand que les corps qui le vivent. C’est ça aussi l’Almost Acoustic de Los Angeles.

Social Distortion — 20h35

Social Distortion ramène une stabilité presque classique, avec une présence scénique plus contenue, centrée sur l’efficacité des guitares et la force des refrains. Sur l’écran, l’iconographie que l’on connaît si bien, squelettes et roses, esthétique tattoo américaine.

Le groupe déroule des titres attendus, dont Ring of Fire et Story of My Life, mais c’est le récit de Mike Ness qui ancre le set dans la mythologie KROQ. Avant Story of My Life, il raconte comment, à 19 ans, travaillant dans un sex shop à Fullerton, il profitait des dimanches soir sans manager pour commander une pizza, boire une bière et écouter Rodney on the Roq sur KROQ. Ce soir-là, la radio a diffusé 1945. C’était la première fois qu’il passait à la radio, il y a quarante-cinq ans ..

Dans la foule, un mini mosh pit se forme. Le passé n’est pas un souvenir, il est une énergie qui circule encore. Le groupe joue aussi un nouveau morceau de leur prochain album, pour la première fois, comme une manière de dire que l’histoire continue.

Rise Against — 21h11

Le groupe légendaire de Chicago dévoile son logo rouge sur écran géant, lumières bleues, blanches et rouges, une esthétique directe, presque militante, et un public qui connaît les codes.

Le set déroule des titres majeurs, dont Savior et Prayer of the Refugee, mais c’est la prise de parole de Tim qui donne au moment une profondeur particulière, en écho à la dimension caritative de la soirée. Il rappelle que peu importe qui l’on aime, la couleur de peau, la langue, ou le pays d’origine. Nous venons tous de quelque part, et nous vivons dans un pays qui essaie de se hisser à la hauteur de ses idéaux. Il parle de souffrance, d’origine, et de cette chose belle que l’on peut construire ensemble.

Sur Satellite, Tim sort un mégaphone pour les quarante-cinq dernières secondes, geste simple, mais symbolique, comme si la voix devait, soudain, dépasser la musique pour devenir signal. Le groupe glisse aussi une reprise de Rockin’ in the Free World de Neil Young, et l’on comprend pourquoi Rise Against reste l’un des rares groupes capables de faire cohabiter la rage et l’espoir sans que l’un annule l’autre.

En interview exclusive pour l’équipe de Demona Lauren, Tim confie que des soirées comme celle-ci lui redonnent foi. Sur scène, face à une foule rassemblée, il devient impossible de ne pas se sentir plein d’espoir. On se rend compte que l’on a bien plus en commun que ce qui nous sépare, et l’enjeu, dit-il, est de réussir à recréer cette sensation dans la vie quotidienne.

Papa Roach — 21h47

Si un set devait être décrit en un mot, ce serait celui-ci. Électrique. Papa Roach signe, de loin, la performance la plus énergique de la soirée. Jacoby Shaddix traverse la scène comme un courant, harangue la foule, grimpe sur les retours, saute, relance, et transforme le photo pit en zone de contact.

Le public répond par des crowd surfs, et Jacoby descend même pour taper dans la main de certains fans avant de remonter sur scène, comme si la frontière n’avait plus de sens. Visuellement, l’écran joue sur des dominantes blanches, grises et noires, avec un basculement rouge total sur Last Resort. Les tenues restent simples, noires, laissant l’énergie faire le style.

Avant Last Resort, Jacoby prend la parole et dit, avec une franchise qui coupe le bruit, qu’il est heureux d’être vivant, de respirer, de faire de la musique. Il raconte que cette chanson l’a aidé à traverser une période très sombre, lorsqu’il avait peur de demander de l’aide, peur d’admettre qu’il en avait besoin. Il dédie alors ce morceau à celles et ceux qui traversent la même chose, et glisse une phrase comme un garde-fou. Ne prenez pas une décision définitive pour un problème temporaire. Cela aussi passera.

Dans une soirée caritative, ce discours n’a rien d’un slogan. Il sonne comme une main tendue.

4 Non Blondes — surprise guest

L’apparition de 4 Non Blondes n’était pas annoncée, et c’est précisément ce qui fait l’effet. Deux titres seulement, mais une salle qui bascule immédiatement dans le chant collectif.

Le groupe plaisante en disant qu’ils sont les seuls à jouer réellement acoustique à KROQ Almost Acoustic Christmas, et l’ironie fonctionne parce qu’elle est légère. Sur What’s Up, l’arène chante à l’unisson, et l’instant prend une couleur presque intime, comme si, soudain, tout le monde se connaissait.

Visuellement, l’écran propose des images de nuages, puis des chevaux, en transparence, comme un voile. Linda Perry, chapeau iconique, manteau de fourrure oversize, palette brune, bottes assorties, shorts bordeaux et ceinture western cloutée, impose une silhouette de légende, sans effort.

Evanescence — 22h28

Pour clore la nuit, Evanescence arrive comme un final en clair-obscur. Fond noir, logo centré, parfois souligné d’une aura de couleur selon les morceaux. Le groupe ouvre avec Afterlife, enchaîne avec Made of Stone, puis Going Under, et déroule des titres qui ont deux décennies, dont My Immortal, Call Me When You’re Sober, Lithium et Bring Me to Life. Pour les plus Goths d’entre nous, c’est tout simplement toutes nos années lycée qui défilent ..

Sur ce dernier morceau, Amy Lee réserve un moment que les fans savent exceptionnel. Elle invite Jacoby Shaddix à venir interpréter la partie rap, un choix d’autant plus marquant qu’elle a souvent préféré, ces dernières années, modifier ce passage ou le porter elle-même. Ici, le duo devient un cadeau direct au public KROQ, une manière de célébrer la mémoire collective sans la figer.

La soirée se charge aussi d’un autre symbole. C’est l’anniversaire d’Amy Lee, et elle accueille K. Flay, invitée spéciale, associée à Fight Like a Girl. Avant l’entrée du groupe, Klein & Ally annoncent qu’Evanescence tournera l’année suivante, et l’information tombe comme une surprise supplémentaire. Il manquait une date à Los Angeles. Elle sera ajoutée, et elle se tiendra au Kia Forum. Les détails seront donnés dans leur émission le lundi suivant, avec Amy en invitée.

Dans ce final, tout est là. Le spectacle, la proximité, l’annonce, le clin d’œil, la générosité et une pointe d’optimisme rebelle à l’aube de 2026.

Coordination & contenu médiatique : Demona Lauren
Photographie : Megan Caloca (1er bloc), Bella Lee (2ème bloc), DL Team

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Posted by:Demona Lauren

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