À l’origine, un brief simple en apparence : créer une veste en denim japonais pour accompagner la sortie mondiale de Forza Horizon 6, dont l’action se déroule au Japon. La rencontre entre Forza Horizon 6, Zipangu, UPRISERS LAB, Xbox et Sung Kang est en effet née du projet ambitieux de relier des univers entiers : le jeu vidéo, la culture japonaise, l’artisanat, la mode, le cinéma, la mécanique, la mémoire. Mais ce qui aurait pu n’être qu’un produit dérivé s’est transformé en une pièce d’artisanat à part entière, une ligne imaginaire entre les cultures, un hommage à la route, au mouvement, à la lumière, à la nuit, à la vitesse.

UPRISERS LAB, le studio créatif AAPI‑led basé à Los Angeles, a été chargé de concevoir deux vestes exclusives. Deux pièces radicalement différentes, mais unies par une même philosophie : design with purpose, honorer l’héritage, prolonger la vie des matériaux, raconter une histoire à travers chaque couture.

La première, la Zipangu x Forza Horizon 6 Edition, est construite en denim selvedge japonais upcyclé, avec un motif laser intégral mêlant fleurs de cerisier, silhouettes de voitures japonaises, Mont Fuji et iconographie du jeu. Les coutures sont soulignées de bandes réfléchissantes 3M, discrètes le jour, électriques sous les phares. À l’intérieur, une doublure sublimée Forza Horizon 6, un compartiment conçu pour une manette Xbox ou PlayStation, et un zip orné d’un porte‑clé FH6 détachable, comme un souvenir à part entière.

La seconde, la Sung Kang x Forza Horizon 6 Edition, n’existe qu’en six exemplaires. Une pièce de collection, presque un artefact. Le denim se teinte d’un bleu pervenche inspiré du ciel de Tokyo à la tombée du jour. Des appliqués de fleurs de cerisier en denim, cousus à la main, donnent du relief. Des patchs sashiko — technique ancestrale née au XVIIe siècle pour réparer plutôt que remplacer — sont gravés au laser avec des symboles du jeu, des références au drift, des logos Zipangu et FH6. À l’intérieur, un système LED rechargeable, lavable, flexible, court le long des coutures. Huit modes lumineux, activés par un simple interrupteur, évoquent la lueur d’une nuit tokyoïte, entre néons et bitume humide.

Quelques chanceux ont pu remporter ces vestes lors du Zipangu Japanese Music Event, le plus grand événement J‑Pop jamais organisé sur le sol américain.

Et au centre de ce projet, il y a Sung Kang.

Acteur américain né en Géorgie, révélé par Better Luck Tomorrow, devenu figure culte grâce à son rôle de Han Lue dans la saga Fast & Furious, Kang est l’un des rares artistes capables d’incarner à la fois la culture automobile, la diaspora asiatique, la narration cinématographique et l’artisanat. Son personnage de Han, mélange de calme, de précision, de philosophie et de vitesse, a marqué toute une génération. Son travail sur Drifter, son prochain film, prolonge cette exploration intime de la culture automobile japonaise.

C’est dans ce contexte — entre héritage, vitesse, artisanat et lumière — que nous avons rencontré Sung Kang pour parler de cette collaboration unique.
Un entretien où chaque réponse semble prolonger la route qu’il emprunte depuis vingt ans.

Lorsque la conversation commence, Sung Kang revient immédiatement à l’essentiel : l’intention. Pour lui, ce projet n’a jamais été une opération marketing. Dès les premières discussions, il comprend qu’il ne s’agit pas de produire un simple objet dérivé lié à un jeu vidéo, mais de créer quelque chose doté de sens, façonné par l’artisanat et porté par une intention culturelle réelle. Le Japon, cœur battant de Forza Horizon 6, devient alors un point d’ancrage naturel : il voit dans cette collaboration l’occasion de traduire cette énergie dans un objet tangible, à travers le design, les matériaux et une forme de storytelling qui dépasse largement le cadre du produit.

La rencontre avec UPRISERS LAB et l’équipe de Zipangu ne fait que confirmer cette impression :

« Dès les premières discussions, tout était naturel. On partageait la même philosophie. Il y avait un vrai respect pour l’artisanat, la culture et la narration intentionnelle. Rien n’était forcé ou commercialisé. »

Très vite, une langue commune s’installe entre les équipes. Elle prend même une couleur : le pervenche.

« Cette teinte vient de conversations autour de la mémoire et de l’atmosphère. Tokyo le soir a quelque chose de cinématographique. La douceur du ciel, les néons, les reflets… On voulait que la veste porte cette sensation. UPRISERS LAB a réussi à traduire cette émotion dans la couleur et la texture. »

La veste n’est pas seulement belle : elle est pensée pour vivre. Kang le souligne avec précision :

« Beaucoup de détails viennent de discussions sur le mouvement, l’utilité, la manière dont les gens vivent avec les objets. Le compartiment pour manette, la poche mécanicien, la poche snack… On voulait que la veste soit fonctionnelle, pas juste décorative. »

Le sashiko, technique japonaise de réparation, occupe une place centrale dans le design :

« Le sashiko m’a touché parce que c’est une manière d’honorer l’histoire au lieu de l’effacer. La réparation devient partie intégrante du récit. C’est une philosophie qui s’applique à la vie autant qu’au design. »

Quant à la version LED, limitée à six pièces, elle est née d’une idée simple : Tokyo la nuit.

« On parlait sans cesse de la lumière, du mouvement, de la sensation de conduire dans la ville après la tombée du jour. UPRISERS LAB a exploré comment intégrer cette atmosphère dans le vêtement. Ce qui m’a impressionné, c’est la manière dont ils ont intégré la lumière sans sacrifier l’intégrité du design. »

Lorsque la discussion glisse vers le jeu Forza 6, Kang évoque une représentation du Japon qui dépasse les clichés:

« Ce qui m’a surpris, c’est la manière dont le jeu capture différentes ambiances du Japon. Ce n’est pas seulement les néons ou la culture du drift. Il y a une atmosphère, une échelle, un contraste. On sent l’influence de la tradition et du futurisme. »

Pour lui, la veste prolonge cette expérience.

« J’ai toujours pensé que les meilleurs designs continuent au‑delà de l’écran. Cette veste permet aux gens de porter une partie de l’émotion du jeu dans la vraie vie. Elle devient un objet de mode, un objet narratif, un souvenir. »

Zipangu, décrit comme le plus grand événement musical japonais aux États‑Unis, est finalement devenu pour Kang un espace naturel pour cette collaboration :

« Zipangu dépasse le cadre d’un simple événement musical. C’est un point de rencontre culturel où musique, mode, design, gaming et communauté se croisent. Ça reflète la manière dont les jeunes générations vivent la culture aujourd’hui : de manière fluide et collaborative. »

Quant à la place de la culture japonaise aux États‑Unis, il observe une évolution.

« L’influence a toujours été là, mais aujourd’hui les gens s’y engagent avec plus de compréhension et d’appréciation. Il y a une meilleure conscience de l’artisanat et de la philosophie derrière chaque discipline. »

La collaboration célèbre aussi son prochain film, Drifter, profondément ancré dans la culture automobile japonaise. Il explique que ce projet lui permet d’explorer une dimension souvent négligée de cet univers : l’émotion. Pour lui, la voiture n’est pas seulement un objet mécanique ou un symbole de vitesse, mais un espace où se mêlent liberté, mémoire, identité, évasion et lien humain. La culture automobile japonaise, avec sa précision, son sens du détail et son rapport presque spirituel à la route, offre une profondeur rare qu’il souhaitait capturer de manière authentique et sensible.

Les voitures sont un langage.

« Elles expriment quelque chose sur la personne qui les conduit. Pas financièrement, mais émotionnellement. La manière dont quelqu’un construit ou entretient une voiture en dit long sur sa personnalité, son histoire, sa créativité. »

Lorsque l’entretien touche à sa fin, Kang revient naturellement à ce que cette veste représente pour lui. Elle n’est pas un simple objet, encore moins un produit dérivé : elle incarne un passage entre plusieurs univers qu’il traverse depuis des années — le jeu vidéo, le cinéma, la mode, la musique, la culture japonaise, l’artisanat. À ses yeux, elle est le résultat d’une collaboration fondée sur un respect créatif profond entre Xbox, Zipangu, UPRISERS LAB et l’ensemble des équipes impliquées. Il espère que ceux qui la porteront percevront cette intention dans chaque détail, et qu’elle pourra, peut‑être, encourager une autre manière de regarder les vêtements : non plus comme des objets jetables, mais comme des pièces capables de porter « une mémoire, un sens, une individualité ».

Remerciements spéciaux à Beck Media et à Joshua Timog, photographe DL Team

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Posted by:Demona Lauren

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