Les canons de beauté vus par Sacha Noyé
/ Texte par 
Nawal. B /

Un questionnement sur les proportions : que se passe-t-il lorsqu’elles se trouvent atrophiées ou exagérées ?

   Le corps de l’homme, le corps de la femme. Des inspirations aussi vastes que fantasques pour bien des artistes. Suggestion pour certains, ou exhibition totale pour d’autres, le rapport au corps sexué ou non se démultiplie par ses représentations. La beauté du corps dans ses volumes intrigue par-delà les âges. Les formes obéissent à des critères bien précis, pour être propulsées au sommet d’un culte, qu’elles n’ont pas cherchées. Sacha Noyé, jeune artiste parisien, interroge ces codes à travers un regard nouveau.

Bienvenue en 2018, où la plupart des sociétés occidentales sont régies par l’image. Ça tombe bien ! Confucius disait « Une image vaut mille mots », mais si l’image en elle-même déroge aux strictes règles établies, à combien de palabres cela équivaut ? Et bien si cela fait débattre, c’est tant mieux. Critiquer nos modes de vies sociétaux à travers l’art visuel, c’est justement ce qui anime Sacha Noyé : « Mon travail est une palette de réflexions non-verbales. ». Dans le fond, beaucoup de ses pensées se basent sur une, ou plusieurs perceptions de la liberté. Sommes-nous réellement libres, et au final, à quoi ce mot en est-il réduit ? Que le rendu heurte ou qu’il accompagne les pensées vers un élargissement de conscience, l’important c’est qu’il ouvre un champ d’entendement nouveau, auprès de celui qui le voit.

C’est l’œil malicieux, avec une délicieuse pointe de sarcasme que le jeune homme explique sa vision. Il mène un travail de fond, prenant pour base les attributs féminins et masculins. La liberté du corps, n’est-elle finalement pas la plus primaire et la plus indispensable ? En principe un bon nombre d’entre nous l’estime acquise, mais Sacha nous démontre que ce n’est pas si évident que ce que l’on pourrait penser. Selon lui, la sexualité est aujourd’hui complètement débridée, surexploitée, commercialisée et omniprésente, mais demeure parallèlement taboue, lorsqu’on touche à l’érotisme. Intéressant n’est-ce pas ? Pourtant même le rapport au fantasme se retrouve cadré : le corps dans ses attitudes et ses proportions se doit d’entrer dans l’étroit corset de ce que l’on appelle le « beau ». Une forme de sablier, avec taille marquée pour les femmes et un buste en « V » musclé pour les hommes, voilà le canon de beauté qui prime dans les années 2010, inscrit au sommet des morphologies à la mode.

Si on n’est pas dans ce créneau bien spécifique, comment ça se passe ? Devenons-nous, nous-même, dérangeants visuellement ? Sacha Noyé nous en dit un peu plus sur la série de photos qu’il a réalisées sur cette thématique : « J’ai pris un modèle homme que j’ai fait poser lors d’une séance photo, et le reste s’est passé en post-production. ». Il ajoute : « Mon but a vraiment été d’exagérer les traits de ce qu’on adule physiquement, ou de complètement les réduire, pour voir si on continue de trouver ça beau. ». La réponse à cette énigme, il ne la donne pas. Alors qu’en déduire ? Prête-t-on plus d’importance au corps, où à l’expression d’une gestuelle et tout ce qu’elle invoque ? La suggestion du mouvement et ses projections, ne se fait-elle pas plus sensuelle qu’un modèle physique figé dans une norme ? À vos pensées…

Nawal. B

 

 

Posted by:blendereditor

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