Choi Yeonjun du groupe TOMORROW X TOGETHER s’apprête à ouvrir le 10 juillet le second volet de son émancipation en solo avec l’album NO LABELS: PART 02. Huit mois seulement après le séisme esthétique du premier opus, qui lui avait valu une entrée fracassante à la dixième place du Billboard 200, ce retour ne se lit pas comme une simple itération commerciale, mais comme une véritable ola culturelle. Une déconstruction en règle du statut d’idole au profit d’un geste d’authenticité retrouvé. Se dirigerait-on vers THE album solo de l’année?
La cartographie des genres : six pistes pour détruire les étiquettes
L’architecture de NO LABELS: PART 02 s’articule autour de six morceaux qui montrent toutes les facettes d’un prisme émotionnel complexe. Refusant de se laisser enfermer, Yeonjun navigue à travers une palette sonore d’une richesse indubitable, mêlant rap rock, funk rock, R&B, pop et hip-hop alternatif. L’album s’ouvre sur « Vanilla », une pièce texturée qui retrace les premiers pas hors de sa zone de confort, là où l’inconnu se heurte à la présence obsédante de l’autre.
La touch dramatique s’accélère avec « Baby Wassup? », chronique de la fausse indifférence face à un crush, puis glisse vers la narration nocturne de « No More Disco », où deux marginaux s’attirent inéluctablement dans l’enceinte d’un club. Avec « Fxxking Star », Yeonjun déploie son phrasé de rappeur incisif pour jouer sur la dualité du mot “star”, oscillant entre l’icône adulée et le corps céleste qui se consume. Witty. Enfin, la ballade introspective « Long Way Long Ride » vient clore l’ensemble comme une note personnelle de persévérance et d’encouragement.

La métaphore de la brûlure : “Ice Cream” et la scénographie du corps
Le pivot de cette nouvelle ère réside dans le single principal, « Ice Cream », un morceau funk rock porté par une rythmique vintage, une ligne de basse addictive et des riffs de guitare acérés comme on les aime. En utilisant la glace comme métaphore de la relation amoureuse, les paroles explorent la fine frontière entre l’attraction magnétique et la retenue, capturant cette sensation de saturation lorsque les sentiments se bousculent trop vite.
Fidèle à sa réputation de performeur d’élite, Yeonjun a dévoilé un aperçu d’une chorégraphie qu’il a lui-même co-créée. Les mouvements, d’une précision chirurgicale, traduisent physiquement cette tension psychologique. Visuellement, cette dualité transparaît dans les concepts photographiques de l’album : si le premier thème isole son énergie brute sur un fond minimaliste, oscillant entre innocence et sensualité, le second s’inspire directement du morceau en matérialisant visuellement le choc thermique et cérébral d’un brain freeze. Le troisième thème, quant à lui, rejoint le court-métrage cinématographique dévoilé à la mi-juin, captant l’artiste sans fard, dans la banalité de son quotidien.

De la musique à la photographie critique
Cette quête d’un art texturé et déshabillé de ses filtres industriels trouve un écho saisissant en dehors des plateformes de streaming. Elle s’inscrit dans une démarche plastique globale que nous explorerons longuement dans notre (très longue) review à venir de l’exposition VOGUE Salon : Yeonjun by Petra Collins. Dans cet accrochage exclusif, la célèbre photographe canadienne s’empare de la silhouette de l’artiste pour proposer une déconstruction de l’icône pop, un protocole de rupture qui flirte avec l’anti-sacré. Là où l’album propose un dépouillement intime et organique, l’objectif de Collins interroge la fabrication du mythe. Les deux œuvres se répondent en miroir, formant un diptyque analytique sur ce que signifie “être vu” en 2026.
Une consécration scénique à l’échelle internationale
Le point d’orgue visuel de ce retour s’est amorcé dès le 3 juillet avec le teaser du clip de « Ice Cream », avant la déflagration finale du disque attendue pour le 10 juillet à minuit (heure de l’Est). Mais c’est sur scène que le manifeste de Yeonjun prendra toute son ampleur géographique.

Le 15 août prochain, l’artiste se produira en solo sur la scène mythique du KCON LA 2026 (et la DL Team y sera, bien évidemment), y imposant son identité sans étiquette avant de retrouver, dès le lendemain, ses pairs de TOMORROW X TOGETHER pour clôturer le festival en tête d’affiche. Une double présence qui résume parfaitement son statut actuel : un électron libre et insaisissable, capable de saboter les codes de la pop pour mieux régner sur ses structures. On aime.
Collaboration presse officielle BIG HIT MUSIC/HYBE Corp
